Sécurité : un assistant qui ne lit rien de plus que son lecteur
La crainte est légitime et elle est toujours la même : en donnant ses documents à une IA, ouvre-t-on à tout le monde ce que seuls quelques-uns pouvaient lire ?
En bref
Le filtrage des droits s'applique pendant la recherche, pas après. Un document ou un objet du graphe qu'un lecteur n'a pas le droit de voir n'entre jamais dans le périmètre consulté, donc aucune réponse ne peut s'appuyer dessus, ni même en signaler l'existence. Les droits se posent par rôle et par objet, chaque organisation est cloisonnée des autres, les secrets sont chiffrés, et tout accès laisse une trace exportable.
Pourquoi le moment du filtrage change-t-il tout ?
Il existe deux façons de faire respecter des droits à un assistant, et elles se ressemblent de l'extérieur.
La première cherche partout, puis retire de la réponse ce que le lecteur n'avait pas le droit de voir. Elle paraît suffisante et elle ne l'est pas : le modèle qui rédige a déjà lu les documents interdits, et ce qui manque se remarque. Une réponse qui s'arrête au milieu d'une liste apprend quelque chose sur ce qu'elle tait.
La seconde restreint le périmètre avant d'exécuter la recherche. Ce qui est hors droits n'est jamais rapporté, jamais transmis au modèle, et rien dans la forme de la réponse ne trahit son existence. C'est celle qui est mise en oeuvre ici, dans le graphe comme dans l'index de recherche.
La différence n'apparaît pas dans une démonstration. Elle apparaît le jour où quelqu'un pose la bonne question.
Comment les droits se posent-ils ?
Cinq rôles sont livrés, et ils couvrent la répartition habituelle des responsabilités.
| Rôle | Ce qu'il peut faire |
|---|---|
| Super administrateur | Tout, sur toute l'installation |
| Administrateur | Comptes, rôles, supervision, journal d'audit |
| Ingénieur données | Raccordements, traitements, graphe, documents |
| Analyste | Interrogation, tableaux de bord, lecture du graphe |
| Lecteur | Lecture seule |
Ces rôles sont un point de départ, pas une contrainte : les droits se posent aussi objet par objet, sur les entités, les relations et les documents.
Un détail de conception mérite d'être signalé, parce qu'il révèle l'intention. Le droit d'administrer les automatisations et les connexions n'est pas accordé à l'ingénieur données, alors qu'il est précisément celui qui les crée. La raison est qu'administrer signifie ici voir et gérer tous les objets de l'organisation, y compris ceux que leurs auteurs ont gardés privés. Confier ce droit à la population qui crée ces objets rendrait la notion de privé vide de sens. Il reste donc à l'administrateur.
Qu'est-ce qui est chiffré, et qu'est-ce qui ne ressort jamais ?
Les mots de passe des comptes ne sont pas stockés : seule leur empreinte l'est, calculée par une fonction conçue pour être lente à attaquer.
Les secrets des raccordements suivent une autre règle, plus stricte encore. Ils sont chiffrés au repos, et surtout aucune consultation ne les renvoie, pas même à la personne qui les a saisis. Une lecture retourne un masque et la liste des champs remplis, jamais la valeur. C'est ce qui permet de partager un raccordement avec une équipe sans lui communiquer le mot de passe qu'il porte.
Les échanges avec la plateforme passent par une liaison chiffrée, et les jetons de session ont une durée de vie courte, renouvelée par un jeton séparé.
Que reste-t-il comme trace ?
Trois journaux répondent à trois questions différentes.
Le journal d'audit retrace les accès et les actions, et s'exporte en CSV ou en JSON sur la période demandée. C'est celui que l'on produit devant un auditeur.
Le journal des échanges garde, pour chaque question posée à l'assistant, les sources consultées, le temps de réponse et le coût. C'est celui qui permet de constater une dérive de qualité sur des chiffres plutôt que sur une impression, et de la rattacher à une source ou à un type de question.
Le journal des traitements enregistre ce qui a été lu, ce qui a échoué et pourquoi. C'est celui que l'on consulte quand une source cesse de répondre.
Ce que la plateforme ne fait pas à votre place
Un outil ne rend personne conforme, et prétendre le contraire serait malhonnête.
Les obligations qui pèsent sur une entreprise employant une IA portent sur la supervision humaine, l'information des personnes, la compétence des utilisateurs et la conservation des traces. Aucune ne se satisfait d'un réglage. Ce qu'un outil peut faire, c'est les rendre documentables : une étape d'approbation qui matérialise la supervision, un journal qui matérialise la conservation. Le reste relève de votre organisation. C'est le sujet de la page consacrée à l'AI Act.
De la même façon, la localisation des données ne se règle pas par une option mais par un mode d'installation, décrit sur la page IA souveraine.